La nouvelle est tombée au cœur de l’été, comme souvent les réformes sensibles : le gouvernement a dévoilé un plan d’ampleur pour « améliorer la qualité de la formation et lutter contre la fraude. » L’intitulé est sobre. Le contenu, lui, l’est beaucoup moins.
Ce plan, annoncé comme interministériel, structurel et sans précédent, réorganise discrètement, mais profondément, les règles du jeu de la formation professionnelle. Et il faut le dire franchement :
les secousses vont être nombreuses, et pas uniquement pour les acteurs douteux.
Depuis la loi « Avenir professionnel » de 2018, le secteur n’a cessé de bouger : création de France compétences, explosion du CPF, montée en puissance de l’apprentissage, arrivée de Qualiopi, transformation des circuits de financement.
Mais malgré cette agitation législative, des zones grises ont prospéré : organismes certifiés, mais peu regardants, taux de certification flatteurs, mais peu corrélés à l’emploi, promesses pédagogiques clinquantes sans fond technique. Et en parallèle, des fraudes flagrantes, des usagers trompés et des financements captés à des fins peu éducatives.
La réponse est donc cinglante : plus de contrôles, plus de régulation, plus d’obligations.
Les mesures souhaitent réorienter l’objectif de la certification Qualiopi. Ce ne doit plus être plus seulement un passeport pour accéder à des fonds publics, mais aussi un outil de régulation de la qualité. Avec plusieurs mesures associées :
Les angles morts pour le contrôle se raréfient.
Le compte personnel de formation entre dans une nouvelle phase : celle des restrictions assumées.
Objectif annoncé : 250 millions d’euros d’économies par an.
Depuis plusieurs années, on se félicite des résultats de l’apprentissage tout en déplorant l’hétérogénéité des pratiques. Et disons-le, certains acteurs n’ont pas fait de la bonne publicité à la profession. En résultent de nouvelles mesures de restriction :
Un plan de transparence globale, pas seulement une rustine réglementaire.
Ce plan n’est donc pas un simple ajustement. C’est un changement structurel. On pourrait dire : à nouveau !
La formation professionnelle continue à être un marché sous régulation forte. Les années de tolérance sont révolues.
Filtre, norme, levier à condition : trois mots pour résumer le nouveau triptyque Qualiopi-CPF-financeurs.
L’innovation reste possible, mais elle sera encadrée. Et sans doute davantage réservée au marché non-réglementé.
Les premières mesures seront en vigueur dès fin 2025. Le reste suivra au cours de l’année 2026. Le cap est donné.
Toutefois, beaucoup de choses sont encore incertaines d’un point de vue politique. Entre les arbitrages en cours, ou un potentiel changement d’exécutif, les informations données ici sont susceptibles d’être au moins en partie obsolètes dans quelques mois.
Mon conseil pour bien se préparer et éviter de tout bousculer dans votre OF : anticiper les changements, prévoyez les pivots potentiels, mais ne prenez pas toutes les annonces comme vérité absolue. Soyez juste prêts.
L’article Qualiopi, CPF, apprentissage : nouvelle secousse réglementaire à venir est apparu en premier sur Digiformag.
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